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GROUPE DE PAROLE

Assumer son homosexualité : facile ? difficile ?

vendredi 28 avril 2000, par Paul

" Assumer son homosexualité " : tel était le thème choisi pour le groupe de parole organisé le 28 avril dernier. Nous étions une vingtaine autour de la table, réunis pour partager nos expériences et nos sentiments autour de Daniel, l’animateur de la soirée. Vu l’affluence, il n’a guère été possible de répondre à toutes les attentes individuelles, mais chacun a eu l’occasion de s’exprimer et de se sentir écouté. Au terme des débats, la majorité des participants se disaient intéressés à renouveler l’expérience dans des conditions similaires.

Que retenir de ces premiers échanges ? Avant tout, à mon avis, l’enrichissement que chacun des participants a pu en retirer, ne fût-ce que par la possibilité de confronter leur propre expérience avec celles d’autrui. Sur le fond, on a surtout insisté sur la distinction fondamentale à faire entre le regard que nous portons sur notre propre homosexualité (" assumer ‘pour soi’ ", " vivre son homosexualit" �) et celui que les autres portent sur nous (" accepter ‘le regard des autres’ ", " besoin d’être ‘reconnu’ par la société "). Plusieurs témoignages se sont accordés pour dire qu’une fois assumé le premier aspect (le plus difficile), le second apparaissait bien moins problématique (" quand j’ai franchi le pas, tous mes amis l’ont su ", " c’est quand je me suis senti bien par rapport à moi-même que je me suis senti bien par rapport aux autres ").

Attention toutefois au cercle vicieux : c’est parfois précisément le regard d’autrui qui m’empêche de m’accepter (" je suis passé par une phase de déni à cause de mon éducation catholique ", " j’avais peur que les autres me rejettent "). De ce point de vue, les gays bénéficient-ils globalement d’un regard plus compréhensif aujourd’hui qu’autrefois ? Il est difficile de généraliser : peut-être s’agit-il moins d’une question de génération que d’une question de milieu social et de circulation de l’information ? Il faudrait encore distinguer entre les regards portés par la famille (" maman ne l’a jamais accepté "), les amis (" il est important d’être accepté par ceux avec qui on a un lien affectif ") et le milieu professionnel (" en tant que petit indépendant, je ne peux pas prendre le risque de perdre ma clientèle ")… Même en l’absence de réactions hostiles, l’hétérosexualité reste généralement perçue comme une " norme ", au moins implicite (" cet a priori des gens m’agace "). Et il ne suffit pas d’être accepté par les autres pour s’accepter soi-même (" je suis respecté par ma famille, mais par rapport à moi, c’est plus difficile… notamment quant au fait de ne pas avoir d’enfants… ").

Les degrés de l’acceptation varient au gré des expériences individuelles et évoluent avec le temps. Certains tabous (en particulier religieux) continuent à peser bien lourd et créent parfois des tensions parfois ingérables entre ‘désir’ et ‘interdit’. Des témoignages nous ont rappelé qu’on peut mettre plus de quinze ans avant d’assumer, tenter de se marier, avoir des enfants… On a fait remarquer en outre qu’oser prendre part au groupe de parole présupposait une certaine dose d’acceptation (" ceux qui sont ici sont ceux qui s’acceptent "), mais il arrive encore, hélas, que certaines acceptations ne se fassent qu’à contrecœur : " si je pouvais renaître, j’aimerais renaître hétéro ", " j’aimerais bien ne pas recommencer dans cette voie ".

6 Messages de forum

  • Il est clair que l’acceptation de l’homosexualité devrait déjà être un souci politique en tant que lutte contre la discrimation. Ceci dit, si l’entourage direct joue véritablement son rôle de "bien- pensant" et que cela s’avère éprouvant dans un premier temps ; il suffirait dès lors de se dire que malheureusement, ce dernier n’en vaut pas la peine. Il vaut mieux avoir à l’esprit le fait qu’au plus on se fait violence par cet acte de déni quasi impulsif chez certain, au plus on s’empêche inconsciemment d’avoir accès à une réalité qui fera peau neuve face à son entourage et telle une résistance affichée, on arrivera beaucoup plus sûrement à le faire "abdiquer"

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    • Assumer son homosexualité : facile ? difficile ? 19 septembre 2009 09:57, par Rico

      Pour moi assumer son homosexualité est difficile, à 32 ans un ami avait compris que j’étais homo, il m’a dit au début qu’il m’acceptait comme je suis, puis plus tard il m’a dit d’arrêter mes conneries et de me forcer à sortir avec une fille. Aujourd’hui il est toujours mon ami malgré les séparations mais je ne lui parle plus de mon homosexualité. Aujourd’hui, J’ai 42 ans, je n’ai pas de copains, pas de relations sexuelles, je suis perdu et seul face à mon destin. Pourtant j’ai fait mon coming out mais l’erreur c’était de le faire envers quelques collègues qui me sont assez proches mais pas envers ma famille. Du coup je m’enferme dans un cercle vicieux, peur de la réaction de mes parents, frères et soeurs surtout à La Réunion dans une petite île où tout se sait un jour ou l’autre.

      Rico

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  • Bonjour, article original, qui décrit de façons non exhaustive la problématique de s’assumer en tant qu’homosexuel ! Maintenant, reste toujours la manière, dont doit s’y prende le jeune gay, afin d’effectuer sa démarche personnelle ! Comment peut-il s’assumer LUI même, si au fond de sa personne il ne voit pas en tant que gay !! Ce n’est pas toujours par peur du regard extérieur, mais simplement qu’il pense peut-être, qu’au fond de lui même, il n’est pas gay... Difficle... ou bien peut-être plus facile qu’on ne le pense...

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    • Assumer mon homosexualité...encore faudrait il que je sache si je suis homosexuel oui, ou non...

      Et j’ai beau chercher, je ne trouverais jamais cette réponse, cette affirmation dépends de moi, du moment, et des gens avec lesquels je suis. J’ai trouvé des hommes avec qui je m’entendais bien et avec qui ma relation c’est transformée, c’est muée en attirance, ce qui ne m’empêche pas de ressentire ce genre de sentiments avec une femme... Et je remercie cet homme avec qui j’ai beaucoup découvert et partagé.

      Chacun admet avoir un côté féminin et masculin. Les relations humaines, sociales et amoureuses de notre époque deviennent de plus en plus felxibles en rapport avec cette "discipline" que certains regrettent. Cette flexibilité, cette preméabilité entre les groupes, permet maintenant a chaqun, du moment qu’il en éprouve l’envie, d’explorer sa sensibilité.

      Mais justement, on voit de plus en plus de qualificatifs différents : homo,hétéro,bi ; et cette foule de description, de stéréotypes, nous permettent de nous poster sous un étandard et de crier bien fort notre appartenance a un groupe définit. Et la vie d’un homme, d’une femme, change beaucoup plus vite qu’avant : 13 années d’études, des déménagements, des boulots différents. Ce qui nous donne l’opportunité d’être mouvant, dynamique dans nos attitudes. Et même si nous ne changerons jamais l’essence des choses, nous changeons quand même millieu...

      Ceci pour dire que c’est vrai, se définire est important. Trouver un lieu, un endroit, une communeauté ou nos envies et nos actions sont normales est crucial a un moment ou nous voullons retrouver des repères. Mais le fait de se sentire différent, et c’est vrais, bien seul de temps a autre, ne m’a jamais poussé a me remettre en question mais a prendre des distances avec ces mots (homo, bi, hétéro, passif, actif, etc...) et juste a me définire au jour le jour, et a assumer toute la difficulté que ca implique.

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  • Assumer son homosexualité : facile ? difficile ? 16 novembre 2008 10:58, par john

    Salut ,

    Bein moi quand j’ai fais mon Coming out , je me suis retrouvez a la rue et voila , donc plus d’amis , plus de famille pfffffffff , et j’ai subit une agression a cause de mon homosexualité , c’etais grave , j’ai jamais osez deposer plainte et pourtant j’ai ete arranger suite a ca , enfin

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